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1.2.05

Ce jour là, c'était comme un drapeau qui claque au vent, ce grand vent qui balaye tout. C'était seulement les mouvements fous d'un tutu long, la courbe de la nuque qui s'enfonce dans l'air, les bras levés pour détacher le linge sec. Peut-être parce que Brel chantait, et qu'il n'y avait rien d'autre en moi que cette envie de t'écrire, et que ça suffisait à me remplir, à me brûler la langue, à me faire entendre les hurlements de la mer dans les gros coquillages. Est-ce que c'est ça le lyrisme ? L'âme qui s'ouvre comme la peau sous la lame ? Penser à toi, rien de précis, juste tendre vers toi, et s'y réchauffer ? J'ai tout le temps froid. Mes égarements sont de petites choses dont je fais des points, peut-être par un rétrécissement de l'horizon. Je m'en excuse, parfois, auprès de toi, de moi.
Anne... tu m'es encore un mystère. Te savoir là, qui existe, qui vit à vif, ça me donne une grande force. C'est dans ces silences dans la voiture que je me sens le plus proche de toi. Est-ce que c'est rester sur son quant-à-soi, en dehors du temps et de la vie, ne pas les prendre "à bras le corps" ?
Tu vois, ça glisse sur moi. Les instants les plus profondément vécus sont des ilôts épars. Il y a bientôt un an, la mort de Katarzyna, et l'art est long, le temps est court, le temps approche, je ne sais pas où j'en suis de tout ça.
Je pense à toi.

galejade à  23:45

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